Conservation-restauration du patrimoine mobilier

L’expertise en conservation-restauration du Patrimoine et en technologie des arts plastiques remonte à une longue tradition initiée par Paul Philippot, Professeur à l’Université libre de Bruxelles de 1955 à 1995, et qui fut également Directeur-adjoint du Centre international d’études pour la Conservation des biens culturels à Rome. Catheline Périer-D’Ieteren reprit le flambeau et créa, en 1989, le Centre de recherches et d’études technologiques des arts plastiques (CRETAP). Destiné dans un premier temps aux étudiants en Histoire de l’art et archéologie, en tant que support aux cours de « technologie des arts plastiques » et « conservation-restauration du patrimoine mobilier », le CRETAP a rapidement élargit ses activités. À travers les nombreux projets initiés par Catheline Périer-D’Ieteren et ses collaborateurs, le CRETAP a assuré au plan international la renommée de l’expertise de l’ULB en conservation-restauration du patrimoine et en technologie des arts plastiques. C’est en son nom que Catheline Périer-D’Ieteren a participé à de nombreux programmes et commissions d’experts nationaux et internationaux dans le domaine de la conservation-restauration, assuré des présidence au sein de l’ICOM-CC et de l’ICOM/Europe, créant ainsi un important réseau de collaborations en Belgique et à l’étranger. Le CRETAP a également organisé de nombreuses manifestations à travers des colloques, journées d’études, expositions et programmes de sensibilisation. Chacune de ces activités a toujours été accompagnée de publications soit sous la forme de feuillets didactiques, soit dans la série Cahiers d’études, crée à cette fin comme une suite logique des Annales d’Histoire de l’Art et d’Archéologie.

Dans le cadre de la réforme des Centres de recherches en 2009, le CRETAP a logiquement intégré le CReA-Patrimoine en y apportant son expertise dans les domaines de la conservation-restauration et de la technologie des arts plastiques et en poursuivant ses projets.

La Finalité « Musées et conservation-restauration du Patrimoine mobilier », coordonnée par Valentine Henderiks, a ainsi été créée pour les étudiants de Master en Histoire de l’art et Archéologie afin de les former au travail interdisciplinaire. Le programme a été établi en étroite collaboration avec la section Conservation-Restauration des œuvres d’art de l’ENSAV La Cambre. Outre les cours dispensés aux étudiants dans les deux institutions, plusieurs projets de conservation-restauration ont vu la jour.

Le dernier en date concerne la sauvegarde, l’étude et la conservation-restauration de la collection de moulages de l’ULB. Initié par le CReA-Patrimoine, il a impliqué aussi bien les étudiants en Histoire de l’art et archéologie de l’ULB, qui se sont chargé de l’étude des œuvres, que ceux de l’ENSAV La Cambre, qui les ont restaurées, mais aussi des membres du corps académique des deux institutions qui ont coordonné le travail et en ont assuré la publication.

L’expertise en conservation-restauration du Patrimoine et la technologie des arts plastiques est également assurée par les liens étroits qui unissent le CReA-Patrimoine et l’Institut royal du Patrimoine artistique (KIK-IRPA) à Bruxelles. Plusieurs projets de recherche associant étude, examens scientifiques des œuvres au laboratoire et conservation-restauration ont ainsi été menés en collaboration. Dans le cadre de l’exposition Sang&Larmes. Albrecht Bouts et les images de la Passion (Musée national d’Histoire et d’Art de Luxembourg / Suermondt-Ludwig-Museum, Aix-la-Chapelle, 2016-2017), la commissaire, Valentine Henderiks a expertisé plusieurs peintures exposées, en collaboration avec les spécialistes de l’IRPA, en les photographiant et en les examinant aux rayons ultra-violets et en réflectographie dans l’infrarouge. Valentine Henderiks a en outre collaboré au projet BRAIN Closer to Van Eyck (http://closertovaneyck.kikirpa.be/ ) qui document les œuvres du maitre conservées en Europe avec l’aide des différentes méthodes d’examen (RX, RIR, Macro-XRF). Elle a également dirigé le projet Wings&Links (BRAIN) centré sur l’expertise d’un groupe de retables anversois du début du XVIe siècle, notamment grâce à des examens en réflectographie dans l’infarouge effectués in situ sur plusieurs volets de retables grâce à un nouveau système de prises de vues mis au point par l’équipe de l’IRPA.

Enfin, l’IRPA accueille chaque année les étudiants de la Finalité Musées et conservation-restauration de l’ULB pour effectuer des stages dans les trois départements de l’institut (documentation, laboratoire, conservation-restauration).

Depuis 2018, la Fondation Périer-D’Ieteren renforce encore l’expertise du CreA-Patrimoine en matière de conservation-restauration du patrimoine et de technologie des arts plastiques en finançant chaque année un séminaire de 15 heures qui invite un spécialiste dans le domaine, dans la cadre de la Finalité « Musées et conservation-restauration du Patrimoine mobilier ».

Par le biais de ses travaux et de ses collaborations en conservation-restauration, le CReA-Patrimoine a dirigé (Sébastien Clerbois-Valentine Henderiks) la première thèse en Art et Sciences de l’Art du F.N.R.S à l’ULB déposée en 2019 par Eve Bouyer et consacrée à La restauration non-illusionniste de la céramique : vers un protocole décisionnel .

 

Fig.1 : Valentine Henderiks et Sophie De Potter (KIK-IRPA) examinant la Vierge vénérée par saint Jospeh d’Albrecht Bouts (Collection privée) durant l’exposition Sang&Larmes. Albrecht Bouts et les images de la Passion au Musée national d’Histoire et d’Art de Luxembourg.