Ioannis (Yangos) Chalazonitis

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Chercheur post-doc (FNRS)

Centre de Recherches en Archéologie et Patrimoine
Université libre de Bruxelles • CP 133/01
Avenue F.D. Roosevelt, 50
B-1050 Bruxelles

+32 (0)2 650 28 66
CV

Ioannis Chalazonitis a terminé ses études en Archéologie et Histoire de l’Art à l’Université d’Athènes en 2009. Ayant reçu un Master en Archéologie Classique dans la même institution en 2012, il a poursuivi des études doctorales à l’Université d’Oxford et a reçu son doctorat en 2017 ; sa thèse est intitulée « The north-eastern Aegean, 1050-600 BC ». Pour les années académiques 2017-2019 il a été boursier post-doctoral Wiener-Anspach dans le CReA-Patrimoine, poursuivant un projet de recherche intitulé « Warriors on the Periphery / Guerriers de la Périphérie ». Pour les années 2019-2022 il sera Chargé de Recherches FRS / FNRS sous la direction de Prof. Athéna Tsingarida, avec le projet « Legacy of the riverland heroes ».

Il a participé à des nombreuses fouilles en Grèce (Kos, Tinos, Kefallonia) et travaille couramment en collaboration étroite avec les Éphorées d’Antiquités de Kavala, Drama et Serres, et le Centre National de Recherche Scientifique ‘Démokritos’, à Athènes. Il a reçu plusieurs prix et bourses, y compris des prix de la Fondation Nationale de Bourses Grecque (IKY) pour ses études en Grèce, des bourses de la Fondation Leventis et de la Greek Archaeological Committee UK (GACUK) pour ses études doctorales, et le prix Brepols 2021 de la part de l’Union Académique Internationale (UAI) pour son projet post-doctoral FRS / FNRS.
 

Présentation des recherches

Le projet

Financé par la Fondation Wiener-Anspach, le projet Guerriers de la Périphérie se concentre sur le développement de la technologie militaire dans le nord de la Mer Égée. Plus précisément, le projet met l’accent sur l’île de Thasos et les régions thraciennes adjacentes, dans la période entre le 11ème et le 6ème siècle av. J.-C. 

Le projet cherche d’éclaircir l’introduction des types d’armement Grecs caractéristiques de l’Égée centrale dans la région thasienne pendant la phase de la colonisation et leur propagation subséquente parmi les populations de la région. L’objectif est d’établir une typologie des armes de la période et d’explorer leurs liens avec les populations actives. Des analyses chimiques permettront d’identifier le lieu de fabrication de ces armes et illumineront la mesure dans laquelle les colons Grecs et les Thraces importaient leur armement ou s’ils le fabriquaient sur place. 

Le projet explore aussi des indices archéologiques concernant le conflit ou/et la collaboration entre les populations, et enquête sur le rôle et statut social des guerriers – surtout par rapport aux régions avoisinantes et aux communautés de l’Égée centrale et de la Grèce continentale.

Les résultats

Jusqu’à ce point, le projet a réussi à identifier des différences substantielles entre l’armement des populations thraciennes de l’île de Thasos et celles de la côte thracienne. Cela pourrait indiquer des différences culturelles entre les deux, avec les communautés de la Thrace continentale insistant sur un armement bien plus varié et utilitaire. Après l’arrivée des colons Grecs, des armes "hoplitiques" (caractéristiquement grecques) sont retrouvées dans les colonies du 7ème et 6ème siècle av. J.-C. – surtout dans les nouveaux sanctuaires établis dans la région. Toutefois, les phases de colonisation les plus anciennes nous ont rendu aussi des armes thraciennes, ce qui pourrait servir comme indice de cohabitation.

L’identité et le rôle des guerriers semblent avoir été étroitement liés avec l’organisation politique des communautés / cités-états (poleis) de la région. Tandis que des "tombes de guerriers" sont fréquentes dans les régions voisines (p.ex. Amphipole, Drama, Gazoros), la zone thasienne ne nous offre aucun exemple archaïque. La valeur martiale y était surtout exprimée dans le contexte des cultes de la polis, avec des dédicaces d’armes et de butin. 

En ce moment, la recherche se focalise sur la région à l’ouest de Thasos et, plus précisément, les ‘tombes de guerriers’ découvertes dans les cimetières de la région. Le but est de confirmer si ces tombes peuvent être identifiées comme l’expression d’une identité sociale de ‘guerriers-élites’ dans les communautés thraciennes et de déterminer la mesure dans laquelle cette identité diffère par rapport à nos observations concernant la sphère culturelle thasienne.

1. Reconstruction en 3D d’un porpax de bouclier Grec (c.575-550 av. J.C., Oisyme). © Ioannis Chalazonitis.
2. Bord de bouclier argive avec décoration-guilloche en relief (c.575-550 av. J.C., Oisyme). © Ioannis Chalazonitis / Éphorée d’Antiquités de Kavala.

Travaux sélectionnés

I. Chalazonitis, Ch. Koukouli-Chrysanthaki & D. Malamidou 2018, ‘“ΕΝΤΟΣ ΑΜΩΜΗΤΟΝ” : an ‘Argive’-type shield from the sanctuary of Oisyme’, Annual of the British School of Athens 113 (Disponible sur Cambridge FirstView: https://doi.org/10.1017/S0068245418000060 ).

I. Chalazonitis, Ch. Koukouli-Chrysanthaki (à paraître), ‘“ΣΤΥΓΕΡΑΝ ΚΑΓΩ ΠΟΤΕ ΔΗΡΙΝ ΑΡΗΟΣ ΕΚΠΡΟΛΙΠΟΥΣΑ”: Αναθήματα όπλων στο αρχαϊκό ιερό της Οισύμης’ (‘“I was brought away from the horrible clash of Ares”: Weapon dedications in the Archaic sanctuary of Oisyme’). Présenté au 31e Colloque des Travaux Archéologiques en Macédoine et en Thrace (ΑΕΜΘ) (8-10 mars 2018, Thessaloniki).